











FREE SHIPPING in Morocco starting from 300 MAD
PayPal: Available for international customers.Dans la nuit du 4 au 5 août 1952, trois membres d’une famille anglaise, les parents et leur fille, sont sauvagement assassinés près de Lurs dans les Alpes-de-Haute-Provence. À quelques centaines de mètres du lieu du crime, une ferme, La Grand’Terre, appartenant aux Dominici. Les soupçons d’Edmond Sebeille, le commissaire chargé de l’enquête, se portent rapidement sur le fils, Gustave, dont les nombreuses dépositions sont contestées par plusieurs témoins. C’est pourtant le patriarche, Gaston, un vieil homme bourru et rustre, accusé par ses propres enfants, qui se retrouve derrière les barreaux. « Je préfère des aveux stupides à l’absence d’aveux. » Cette phrase, prononcée par Sebeille, résume à elle seule, le déroulement des investigations. L’homme est présenté comme un flic ambitieux, sûr de lui, venant de la grande ville, Marseille, et désirant faire respecter la loi parmi les culs-terreux, aussi rapidement que possible. « Dans deux ou trois jours, le coupable sera sous les verrous… ». Alors, peu importent les moyens, les contradictions, les rétractations… Gaston Dominici est le parfait meurtrier. Cette affaire fait partie de la mémoire collective, au même titre que celle du petit Grégory ou de Seznec, cette dernière ayant déjà fait l’objet d’un récit illustré par Pascal Bresson (Guillaume Seznec, une vie retrouvée, ed. Ouest-France). La chronique judiciaire développée par l’auteur peut paraître austère, brute, mais elle retrace parfaitement la marche en avant froide et sans scrupule de la (in ?)justice. La seule fantaisie réside peut-être dans les premières pages de l’album, présentant, treize ans après le drame, le commissaire Sebeille, sans remords, devant le cercueil de celui qu’il traqua sans relâche. En marge d’un scénario et d’une histoire, par essence, connue d’avance, la réussite de l’ouvrage revient avant tout au travail remarquable de Réné Follet. Sa technique du lavis, ici en noir et blanc, est utilisée à la perfection, et donne à chaque personnage une « gueule ». L’ensemble peut paraître parfois un peu figé mais colle très bien au thème avec un dessin souvent proche du croquis d’audience. Pascal Bresson est-il un défenseur des causes justes et/ou perdues ? Sa récente bibliographie pourrait le laisser croire, puisque le premier tome d’Ushuaïa, co-écrit avec son ami Nicolas Hulot, sera également dans les bacs à la fin du mois de septembre. Longtemps confiné dans le rôle d’illustrateur pour la jeunesse ou de dessinateur pour fanzines, il semble donner un nouvel essor à sa carrière, cette fois le stylo à la main. Un auteur à suivre de près, si ses prochaines productions sont de la même envergure que l’Affaire Dominici.
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